Il y a des décisions qu'on prend par pragmatisme, et d'autres qu'on subit. Récemment, j'ai dû faire une sérieuse entorse à mes principes d'utilisateur Linux. Je vous raconte comment, malgré des jours de recherches et une bonne dose de motivation, l'architecture ARM m'a forcé à rester sous Windows 11. Rassurez-vous, l'espoir fait vivre !
Le Zenbook relégué aux longs trajets
Ne vous méprenez pas, je ne dis pas adieu à mon fidèle Asus Zenbook. En termes de performances pures, il est toujours très vaillant. Le problème ? Il s'était transformé en véritable radiateur. Même après un démontage complet, un nettoyage minutieux des ventilateurs et un remplacement de la pâte thermique, il chauffait encore beaucoup trop vite. À cela s'ajoutait son poids, devenu une contrainte au quotidien.
Je le garde donc précieusement pour mes sessions de jeu lors de mes déplacements plus longs. Mais pour le quotidien, la bureautique et le web, il me fallait une machine ultra-légère.
Le choix de la raison : Lenovo et le pari de l'ARM
En bon linuxien, je me suis tourné vers Lenovo, une marque historiquement réputée pour sa très bonne compatibilité avec les systèmes ouverts. J'ai jeté mon dévolu sur l'IdeaPad Slim 5. Sur le papier, c'est la machine nomade idéale : un écran 14 pouces, un poids plume, 32 Go de RAM, et surtout un processeur Snapdragon X.
Je savais pertinemment que cette architecture ARM allait demander des efforts. Mes recherches m'avaient préparé au pire : gestion de l'énergie capricieuse, accélération matérielle aux abonnés absents, et surtout des pilotes (Wi-Fi, Bluetooth, GPU) qui sont encore une véritable galère à configurer sous Linux. J'étais prêt à bidouiller.
Le mur : même pas de Live ISO !
C'est là que la réalité matérielle m'a rattrapé et mis un KO technique. La bidouille, ça ne me fait pas peur, mais encore faut-il pouvoir lancer le système.
J'ai préparé mes clés USB, tenté d'amorcer Fedora, essayé Ubuntu... Résultat ? Impossible de lancer le moindre "Live ISO". Le système refusait tout simplement de booter sur l'interface d'installation. Quand on ne peut même pas accéder au bureau temporaire pour commencer à charger des pilotes expérimentaux, on comprend vite que le combat est perdu d'avance. L'architecture ARM sur PC est une révolution pour l'autonomie, mais côté compatibilité Linux "out of the box", le chantier est encore gigantesque.
La résignation (et l'attente de Fedora 44)
De guerre lasse, ayant besoin de ce PC pour mes tâches web quotidiennes, j'ai dû me résoudre à utiliser l'OS préinstallé : Windows 11.
Je le fais à contre-cœur. Certes, le système de Microsoft fait le job pour mon usage léger, la puce Snapdragon X offre une autonomie bluffante, et le format du PC est un régal à transporter. Mais la liberté et la souplesse de mon environnement Linux me manquent.
La bonne nouvelle ? C'est temporaire. Les développeurs abattent un travail titanesque en coulisses. Avec l'arrivée prochaine de Fedora 44, les processeurs ARM devraient enfin bénéficier d'une compatibilité native décente. Mon IdeaPad Slim 5 et moi attendons ce jour avec impatience pour enfin formater ce disque dur !