Après avoir parlé des 30 ans de Pokémon et des 40 ans de Zelda, une question technique se pose : Comment on y joue en 2026 ? On peut sortir les vieilles consoles du grenier (si les câbles péritel fonctionnent encore), ou on peut utiliser l'arme ultime de l'émulation : RetroArch.
Sur ma Fedora (et celle de ma fille), c'est l'un des premiers logiciels que j'installe. Voici pourquoi.
Ce n'est pas un émulateur, c'est un "Frontend"
La première chose à comprendre, c'est que RetroArch n'est pas un émulateur. C'est une interface (un Frontend) qui gère des "Cœurs" (Cores).
- Vous voulez jouer à la Super Nintendo ? Vous chargez le cœur Snes9x.
- Vous voulez jouer à la Game Boy ? Vous chargez le cœur Gambatte.
- Vous voulez jouer à la PlayStation ? Vous chargez le cœur Beetle PSX.
Tout se fait au même endroit, avec la même manette, et les mêmes réglages. C'est le confort moderne appliqué au vieux jeux.
Les fonctionnalités de tricheur (ou de parent pressé)
Pourquoi je l'aime tant en tant que Daron ? Parce qu'il corrige les défauts des vieux jeux.
- Le Save State (Sauvegarde instantanée) : Le dîner est prêt ? Le petit dernier pleure ? Hop, je sauvegarde n'importe où, même en plein saut contre un boss. Fini les codes de sauvegarde à noter sur un papier.
- Le Rewind (Rembobinage) : C'est ma fonction préférée. Vous avez raté un saut dans Mario ? Vous appuyez sur une touche, le jeu rembobine de 5 secondes, et vous réessayez. Les puristes crieront au scandale, moi j'appelle ça "respecter mon temps libre".
- Les Shaders : Les jeux rétro sont moches sur nos écrans 4K LCD. RetroArch permet d'ajouter des filtres (Shaders) qui imitent les lignes de balayage des vieilles télés cathodiques (CRT). L'effet est bluffant de nostalgie.
L'installation sous Linux : Du gâteau
Sous Linux, RetroArch est chez lui. C'est du logiciel libre, c'est propre, c'est léger. Sur Fedora, je vous conseille vivement la version Flatpak (via le magasin de logiciels ou le terminal).
Bash
| flatpak install flathub org.libretro.RetroArch |
Pourquoi Flatpak ? Parce qu'il contient déjà tout ce qu'il faut, isolé du reste du système. C'est propre et ça ne cassera pas votre OS lors d'une mise à jour.
Attention : L'interface fait peur (au début)
Je ne vais pas vous mentir : la première fois qu'on lance RetroArch, on a envie de fuir. Les menus sont nombreux, il y a des options partout. L'interface par défaut (Ozone) ressemble à celle de la PS3/PS4. Mon conseil : ne touchez pas aux réglages vidéo complexes tout de suite. Contentez-vous de :
- Brancher votre manette (elle est reconnue automatiquement).
- Aller dans "Mise à jour en ligne" pour télécharger les Cœurs.
- Scanner votre dossier de jeux (ROMs).
Une fois configuré, c'est une bibliothèque magnifique où les jaquettes de vos jeux s'affichent comme sur Netflix. C'est le plus bel hommage qu'on puisse rendre à notre patrimoine vidéoludique.